Loblada

J’en ai eu marre de faire semblant.

Il y a douze ans, j’ai quitté la comédie, la ville, le bruit. Pas pour fuir — pour retrouver quelque chose. Moi, probablement. Je me suis installée en Cévennes, et j’ai recommencé à construire avec mes mains.


Comment j’en suis arrivée là

Vers 26 ans, j’ai commencé à jouer — jeu de rôle, puis grandeur nature. J’ai rencontré des gens qui assumaient des univers entiers, des esthétiques tranchées, des identités qu’on ne voit pas partout. Des gens qui choisissaient délibérément qui ils voulaient être — et qui le portaient sur eux, visiblement.

Quelque chose s’est mis en route.

La bijouterie est arrivée dans ce sillage. D’abord la maille — des anneaux, des heures, des tutoriels en ligne, des ratages, des recommencements. Puis la formation à l’Institut des Arts de la Bijouterie d’Aix-en-Provence : bijouterie, ciselure, émail. C’est là que j’ai découvert la ciselure — faire parler le métal, le faire vivre sous l’outil. Un dialogue. Le métal résiste, puis il cède, puis il dit quelque chose qu’il n’avait pas dit avant.

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Ce que je fais aujourd’hui

Je suis revenue à la maille. Après plus de dix ans à explorer, c’est elle qui occupe le centre de mon atelier.
La ciselure reste — pour le dialogue avec la matière, pour moi.

De l’acier inoxydable, assemblé anneau par anneau, à la main. Un matériau contemporain, froid au premier contact — puis à la température de ta peau. Il prend ta chaleur. Il devient toi.

Mon univers pioche dans le médiéval, le sombre, le fantasy, l’ancien. Pas comme un costume — comme un langage. Celui de ceux qui ont choisi qui ils sont et qui le portent sur leur corps sans s’en excuser.

Je travaille aussi sur mesure. Si tu as une idée, une direction, une envie — écris-moi.

Ce qui traverse tout ça

Pratchett, Poe, Irving, Damasio. Le médiéval, le sombre, les mythes, l’étrange. Les insectes et les plantes. Le jeu de rôle, encore et toujours.

Je choisis mes matériaux avec soin, je récupère mes chutes, j’achète en seconde main quand je peux. Pas par posture — c’est juste comment j’envisage ce métier.


Pourquoi je crée

J’ai mis du temps à habiter mon corps. À arrêter de faire semblant, à me défaire de ce qu’on m’avait dit que je devais être.

Un bijou peut être ça — un choix d’appartenance. Un territoire sur la peau. La part de soi qu’on assume enfin.

C’est pour ça que je crée.

Travail de ciselure en cours